Bad Düben
Petit retour sur la journée d’hier. J’ai oublié de parler de l’Elbe, grand fleuve. ( + de 1000 kms)de cette partie de l’Europe, qui ira rejoindre la mer à Hambourg, ce qui montre que même dans espace plat, il y a quand même, une ligne de partage des eaux, le bassin de l’Oder visait la mer Baltique. Son lit est incroyablement large, il faut trois ponts pour pouvoir passer d’une rive à l’autre, alors que nous sommes fort loin de l’embouchure.
Ce fut aujourd’hui une journée quasiment sylvestre .
Le temps étant toujours superbe , ce fut un plaisir décuplé dans la mesure où 90% du parcours fut composé de routes forestières, sans aucun bitume, toutes en lignes droites , facilitant la navigation mais pas dénuées de petites ondulations.
S’il le temps avait été profondément différent, voire pluvieux , Wagner aurait aisément put être convoqué mais c’était le tour des poètes amateurs joyeux de la nature
Au milieu de ce parcours, je suis tombé sur des cabanons , dont les propriétaires peuvent se passer d’à peu près tout, y compris probablement d’eau courante , mais avec la satisfaction d’être en pleine communion avec la forêt. Je ne saurais vous dire si cela est utilisable à longueur d’année. Étonnamment cela paraissait bien calme …heure matinale ? (9h)
Par ailleurs dans le match Lutherweg / Jacobweg, par ici , vous vous en doutez le premier l’emporte haut la main, mais cela m’indiffère dans la mesure , ils vont de conserve à Bad Düben. C’est à quelques kms plus au sud d’ici que le schisme sera définitif. Mais j’avais soigneusement évité d’amener le diable dans le bénitier .
Jusqu’à 10h je n’ai croisé personne, plus tard quelques couples de randonneurs et enfin quelques cyclistes.
En revanche , j’ai noté sur mon chemin beaucoup de panneaux pédagogiques à l’attention de la jeune classe.
Comme l’étape était relativement courte et l’hôtel conforme à ce qu’on peut attendre dans une station thermale, je me suis installé sur la terrasse, 28° sous un parasol, en conservant le dos au soleil, pour retrouver les calories brûlées sur le chemin. Dans cette action de récupération, je me fais aider par une belle part de gâteau crémeux, chocolaté, agrémenté de quelques ( vraies ) fraises. Pour faire passer, s’il en était besoin, je me fais aider par un Coca ancienne formule, celle avec un maximum de sucre !!!!
Dans un commentaire, j’ai lu quelque chose à propos du régime alimentaire Hourdin/Beaumont, certes, mais toujours adapté à la situation, et en ce moment c’est plutôt des efforts substantiels et une alimentation globale limitée, donc des compensations….
Pierre
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Lubast
Lubast
Petite info, hier j’ai quitté le land du Brandebourg pour entrer dans celui de Saxe Anhalt
Je vous ai laissé 24 heures pour revoir quelqu’unes des 95 thèses de Luther. Il serait malvenu que vous tentiez d’acquérir une indulgence pour ce manquement .
Surtout qu’ici on ne plaisante pas avec ces questions. Avant de quitter la ville, je suis passé à l’office du tourisme pour obtenir un tampon sur ma credenciale. L’employée, au demeurant fort aimable m’indiqua qu’elle ne connaissait pas le Jakobweg, mais que par contre , je pouvait sillonner la région en suivant le Lutherweg !! Pour le tampon, j’ai accepté le Luther qui m’était proposé, lui faisant remarquer que j’étais très œcuménique.
Si j’avais suivi le découpage proposé par le guide l’étape du jour se serait limitée à 16 kms. Je veux bien admettre que les 30 kms d’hier était clairement ma limite actuelle et qu’une distance moindre permettrait de récupérer, mais tout de même..
Je regarde néanmoins les offres de Kemberg, étape prévue. Rien, sinon à 5 kms un établissement dans mon budget. Je regarde comment gérer ces 5 kms. En réalité très facilement, car cet hôtel est sur ma route, 5 kms plus loin. C’est à dire que l’étape suivante qui était indiquée 26, ne fera plus que 21 kms.
Ce fut vraiment la journée des rencontres. En général , cela suit une interpellation en allemand, je m’approche et parle en anglais. Et là si la réponse est oui et donc un dialogue s’engage. Soit c’est non et forcément la conversation est plus fruste . Mais j’énonce les dix mots en allemand qui restent indispensables : eau, pain ,chambre merci, s’il vous plaît , au revoir, fromage, rue, , mais que j’utilise assez peu en réalité.
Je passe dans un petit village, bien assoupi, et un monsieur s’adresse à moi, même scénario, quelques bribes d’anglais tout de même , mais il connaissait le Jacobweg, la Bretagne et les Pyrénées.
Puis un autre qui m’a félicité quand je lui ai dit que l’objectif était Strasbourg, lui imaginait Leipzig , à 70 kms. Puis un couple à sa fenêtre, alors que j’étais à un carrefour et que j’hésitais, avec la carte en main.
Manifestement, ils ne connaissaient rien de ces chemins, mais ils connaissaient la route pour Lubast.
Peu avant cette dernière historiette, j’étais repris d’une fringale de gâteau. Le (très ) peu qui figure sur les cartes des restaurants sont indisponibles. Hier soir encore, le seul dessert à la carte était une mousse au chocolat . Je n’ai pas bien compris pourquoi, mais il n’y en avait pas/plus.
Donc, je mets en tête de trouver une pâtisserie, voyez combien je suis atteint ! En fait de pâtisserie, je passe devant une supérette, mon gestionnaire de bananes m’ayant averti d’un niveau bas des stocks.
Je pénètre dans l’établissement et oh, surprise, il y a , indépendamment de l’alimentation, une boulangerie pâtisserie qui proposait des sortes de tartes aux fraises . Et puisque j’étais là, je prends une cannette de Coca, un pot de produit lacté aux fruits rouges, ou plutôt , goût fruits rouges et mes bananes, tellement vertes, que j’avais l’impression d’acheter des feuilles !!!
La caisse passée, je me dirige vers la « pâtisserie « . Techniquement ce n’est pas, au moins pour moi, une tartelette, mais une sorte de génoise avec une fraise coupée de profil, la même devant servir de décor à plusieurs parts, ce qui fait que quand vous manger cela , c’est plutôt le goût de la TVA qui ressort en premier.
Demain , l’étape se termine dans une station thermale, la probabilité d’une véritable pâtisserie est plus grande , qu’un bourg au milieu des asperges.
Le temps est toujours magnifique, les prévisions pour le début de la semaine sont beaucoup moins optimistes . -
Treuen- Brietzen. Lutherstadt Wittenberg
Treuen-Brietzen……Lutherstadt Wittenberg
Ce fut une journée bien chargée à tous points de vue
Les hôteliers de cette nuit furent on ne peut plus chaleureux, me proposant de faire des courses pour moi, dans la mesure où 1er mai oblige, la probabilité de trouver une quelconque alimentation ouverte était proche de zéro et peut être même égale à zéro.
Je lui ai demandé de me procurer du fromage, type « Gouda » cela voyage bien dans un sac à dos.
A 6h 15 j’entends l’hôtelier descendre pour préparer le petit déjeuner prévu pour la clientèle à 7h30. C’était proprement éblouissant de variété dans les produits proposés mais tout cela dans une multitude de plats et de contenants divers. Mais j’ai toujours un mal fou à dépasser ma capacité d’ingurgitation habituelle.
Hier soir j’avais une nouvelle fois scruté les possibilités répertoriées en matière d’hébergement, à proximité du lieu de échouage prévu.
J’avais trouvé une pension qui aurait pu convenir, mais malgré un mail, aucune réponse. Ce matin, je demande à l’hôtelier de la jouer plus intrusif et de passer , pour moi, un coup de téléphone. C’était non ( de la part du futur hébergeur).
Je pars avec mon fromage et du pain donné à partir du buffet du petit déjeuner.
Donc l’idée de la journée, c’était de partir sans rien réserver ( j’avais quand même jeter un coup sur les possibilités de Wittenberg , il y en avait plusieurs dans mon budget) mais le principe de base étant de faire confiance à sa bonne étoile.
D’autre part je voulais tester ma capacité à réaliser 30 kms.
Dans les conditions de base, il faut savoir que l’on vient de rentrer dans une période de trois jours où la température va être très supérieure à la normale.
Si tout c’était passé comme prévu, j’arrivais comme fleur ( fanée) à Treuen-Brietzen. C’était l’endroit où j’ai recherché un hébergement, sans succès.
Mais voilà , emporté par ces magnifiques projets au parfum d’aventure , je rate une balise et m’engage dans une direction pas des plus favorables et je m’allonge le parcours de 4 kms. Il fait encore très bon et je marche d’un bon pas.
Ces pas qui m’amènent à Beelitz , qui est probablement la Mecque de l’asperge allemande . Pas des petits champs ridicules, non des terrains de vingt, trente hectares d’un seul tenant. Et j’en ai devant moi, derrière moi, à gauche à droite. Je pense qu’en faisant un stage ici on peut obtenir un doctorat en aspergeologie ou aspasragusologie. Je ne comprends pas pourquoi le dictionnaire intégré de ma machine voit rouge.
Un moment le champ était si vaste que l’exploitant a installé des toilettes mobiles pour son personnel à l’identique de celles que l’on trouve sur les chantiers….
Tout cela distrait , pourquoi une reconversion, mais le problème de la chambre reste entier. A un moment je traverse un hameau au sein duquel je vois à deux endroits différents écrit le mot »pension » la première adresse semblait fermée (1er mai ?) la seconde l’était presqu’autant, mais quelqu’un fini par me répondre à l’interphone.
L’anglais n’était pas une langue familière pour eux et compte tenu qu’ils sont restés barricadés chez eux , j’ai conclu que je devais passer mon chemin.
Peu avant, assis dans un abribus , un cycliste m’y rejoint. A peu près mon contemporain et parlant bien anglais. Après lui avoir exposé mon problème, il n’hésite pas à arrêter un adolescent en vélo, pour lui poser la question d’un hébergement. Pour tout vous dire, c’est ce que secrètement, j’avais envisagé. Mais choux blanc.
Mais mon nouvel ami ne se laisse pas démonter par un minuscule échec.
Il passe un coup de fil, mais il tombe sur un répondeur.
Dépité de son insuccès, il me quitte en me souhaitant bonne chance.
J’atteins mon objectif de trente kms franchement fatigué, mais à une heure très satisfaisante , 14 h30, et là la deuxième partie est prévue de se passer un auto-stop.
Mais si on ne souhaite pas passer des heures sur place, il y’a des règles très strictes à appliquer, dont l’un des premières est de faciliter l’arrêt de la voiture .
Il se trouve qu’à ce moment là vitesse recommandée limitée à 70 kms en raison d’un carrefour. Je m’installe 25 mètres avant l’intersection permettant ainsi l’arrêt.
Je comprendrais très bien que vous disiez qu’un sejour de 6 ans à proximité de Marseille laisse des traces, mais je vous assure que c’est la première voiture à passer qui s’arrête .
Je vous l’accorde elle ne m’a fait gagner que cinq kms, mais j’étais très content. Une deuxième prise en charge m’était nécessaire et là, le score est un peu moins bon, une quarantaine de véhicules, mais dont deux m’allaient pas dans la bonne direction.
Les occupants de cette voiture étaient deux jeunes afghans qui se baladaient, n’étaient jamais venus juste qu’à Wittenberg et ont donc décidé de m’y déposer.
Une fois cela fait , juste à vérifier que mon pari de ne rien réserver était gagnant, la réponse est oui, et j’ai choisi le plein centre ville.
Ce qui m,à permis de faire un petite visite du plein centre,
Vous avez vu dans le titre de cette chronique que le nom de Luther est associé à celui de Wittenberg, je vous laisse l’opportunité de revoir la genèse de cette affaire. Je vous signale également que c’est aussi la vile de la famille Cranach, les célèbres peintres .
La bonne nouvelle pour moi, c’est pour le prochain WE vous aurez encore trois jours à vous balader , si vous le souhaitez, alors qu’ici le 8 mai, c’est , comment dire, sans intérêt…
Pierre