Altamura
Pour ceux et celles qui nous suivent à la trace, ils vont se dire « j’ai du oublier de lire une chronique « ou plus sûrement « le soleil lui tape un peu trop sur la calebasse « .
Et bien non , bande de mécréant et je vais vous expliquer pourquoi et comment,
partant gaiement à pied de Melfi, nous nous retrouvons par un coup de baguette magique à Altamura.
Notre objectif minimum est de faire au moins 25kms, s’il n y a pas des choses extraordinaires à voir.
La première partie de la journée nous a permis de voir de nombreuses maisons semi-troglodytes.
Par ailleurs, nous avons croisé un oranger des osages. Les osages sont une tribune indienne des états du Sud ( Missipipi , à vérifier) et ces fameuses oranges , ne sont pas oranges, mais vertes et je crois qu’elles ne sont pas comestibles !!! En revanche c’est un fruit tinctorial qui permet d’obtenir une couleur jaune-orangé.
Cette petite digression botanique n’a paru intéressante , car cet arbre n’est pas si fréquent sous nos climats.
En dépit de ce que vous auriez tiré comme conclusion de ma fin de chronique d’hier nous avions finalement une très bonne forme ce matin et comme la pente était favorable, nous avons pu trotter à plus de 5,5 km/h.
Mais l’objectif caché de tout cela , c’est que nous avons décidé de faire un saute- mouton sur les toutes prochaines étapes qui sont sans hébergement, sinon à dix ou vingt kms de la fin du parcours. Mais pas non plus de possibilité de fractionner les étapes de façon différente.
Donc arrivés à Venosa nous savions que nous prendrions un bus. Il se trouve qu’il faisait largement bus scolaire. Il nous a conduit à Palazzo San Gervasio. 17kms. Pour vous éclairer sur le côté inhabité de la région, le bus n’a descendu personne pendant les 17kms !!
Bon , nous voilà à Palazzo San Gervasio. Une info prise sur internet nous précise qu’il y a une gare et qu’un train pourra nous permettre de poursuivre notre escapade extra pédestre.
Beaucoup de ces petites villes sont construites sur des éperons rocheux.
Donc la gare est à peu près à deux Kms du centre , une large volée de marches puis un chemin étonnant pour conduire à une gare. Cette dernière d’une grandiloquence toute mussolinienne est dans un triste état. Lorsque le trafic diminue , les gares sont transformées en simples haltes. Le ballast est correct, les rails sont rouillés en surface, mais le plus surprenant malgré tout c’est la végétation sur la voie. Mais bon , un train est indiqué sur je ne sais quel site à 14h24.
A 14 h30 on se dit qu’il y un problème .
Un agriculteur passe opportunément par là, pour lui, le dernier train est passé il y trente ans!!!
Nous remontons en ville en nous disant que nous ferions affaire avec un bus.
Nous repérons la station centrale des bus. À côté un café ou l’on vend les billets. Mais le café n’ouvre qu’à 15h45.
A l’heure , je propose d’aller acheter les billets pour Altamura.
La jeune fille qui est mon interlocutrice, avait compris que j’étais français . Elle appelle sa mère qui dans un français impeccable me dit que le prochain bus est lundi prochain. ( nous sommes samedi)
Mais me dit elle, prenez une voiture et rejoignez Spinazola où là les possibilités sont plus grandes. . Nous inquiétons d’un taxi , pas de taxi , ici.
Il est maintenant 16h.
Je m’inquiète du chemin pour allez en stop à Spinazola.
Après des détours inutiles, et quasiment retour à la gare de toute à l’heure, mais il faut que jeunesse se passe, nous voici en position avantageuse pour convaincre l’Automobiste italien de nous prendre à bord.
A raison d’une voiture toutes les trois minutes, au bout d’une heure , nous commençons à envisager une solution de replis.
Je ne souviens plus comment il se nomme, mais le dieu des auto-stoppeurs est encore avec nous.
Un voiture, qui ne s’était pas arrêtée, revient sur ses pas et la conductrice nous demande où nous allons. Affaire conclue. Voiture style Panda/206 avec déjà à bord une grand mère et une jeune femme qui s’avérera parler français.
Nous sommes déposés devant la gare routière de Spinazola vers 18h 25.
Un bus partira bien ce soir à 19h20 pour Altamura. Nous profitons du laps de temps qui nous est offert pour retenir une chambre.
Arrivée prévue à 20h45.
L’aventure est au bout du chemin, vous dis je
A 21 h nous sommes devant un magnifique bâtiment à deux pas de la cathédrale.
L’accueil est très chaleureux . Le père 70 ans, parle français , la fille et le gendre parle un anglais très compréhensible pour nous.
Ils nous encouragent à ressortir pour participer à la passegiata, cet extraordinaire ballet qui se déroule en soirée , ici devant la cathédrale et la rue commerçante qui passe devant , où il convient de voir son prochain, mais surtout d’être vu. Tout le monde y est mais chacun dans sa catégorie d’âge ...,
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Melfi
Melfi
Disons les choses carrément, ce fut une journée difficile.
Et pourtant nous pensions avoir un maximum de chances de notre côté, mais le terrain reste le maître.
Pour venir jusqu’ici, le topoguide prévoyait deux étapes, soit environ quarante deux kms .
Nous décidons de sortir du programme et de construire notre propre chemin, sachant que le chemin prescrit faisait un large arc de cercle.
Evelyne et moi avons regardé la carte attentivement et noté scrupuleusement les éléments du parcours, le n°des routes’, les noms des rues dans le village que nous devons traverser. Les tout premiers kms , impeccable, mais très vite plus de noms de rue , les numéros des routes ne correspondent pas à ce que Viamichelin indiquait. Mais heureusement notre destination « Melfi « est indiquée.
Depuis deux jours nous marchons sur un plateau où c’est créé un nouvelle mer, la mer Éolienne et encore aujourd’hui nous naviguons sur cette vaste étendue battue pas le vent.
Le seul village traversé aujourd’hui s’appelle Aquilonia. On peut reconnaître le .patronyme d’Aquilon, dans cet Aquilonia.
Pour y parvenir nous avions déjà connu des montées et des descentes. Mais ensuite nous eûmes une descente de 10,5 kms. Mais ce dernier exercice sollicite des muscles et des tendons particuliers . Je ne saurais vous dire comment s’appelle l’attache des cuisses au bassin, mais au pont sur la rivière , je boitais bien.
Nous rentrons dans région nommée Basilicare .
Devant nous restait encore 15/16 kms dont une grande partie en ascension.
Un réglage de sac supplémentaire modifie l’emplacement des douleurs et permet de continuer.
Ce fut l’occasion pour nous de voir un feu de broussailles, dont on du mal à saisir s’il est allumé volontairement ou s’il est involontaire mais que tant qu’il ne prend pas d’importance, les pompiers, qui ne peuvent être partout, laissent les choses se faire.
Nous finissons par arriver à Melfi, un peu cuit, je dois l’admettre.
Notre première action est de prendre une pâtisserie, une eau gazeuse, pour l’une , un Coca pour l’autre.
Ayant retrouvé un peu de force, nous partons pour le couvent. Non, non nous n’étions pas sur le chemin de Damas, mais seulement celui de Melfi, mais les contingences financières du clergé local, ont transformé tout ou partie du couvent en hôtel . On y dort très bien. Nous avons juste une difficulté à faire admettre à l’aimable personne qui était à l’accueil que nous partirions à sept heures du matin et que nous manquerions le petit déjeuner.
Ici aussi quelques difficultés à trouver un restaurant qui fonctionne à partir de 19h30.
Je vous signale un superbe château fort , qui semble de la même époque que celui de Bisaccia. -
Bisaccia
Bisaccia
Nous avons quitté l’hôtel Il Borgho tenu par un jeune couple un peu dépassé par les événements. Ils n’avaient pas vu qu’ils avaient une réservation et ont commencé par nous dire qu’ils étaient complets...
Mais ce matin, la maîtresse de maison s’est bien rattrapée avec un petit déjeuner comme nous n’en avions jamais eu en Italie, avec entre autres des fruits en l’occurrence du raisin.
Ceux qui nous suivent à la trace, vont penser : »quoi, une étape d’à peine vingt kilomètres , mais de qui se moque t’on? »
Je vous l’accorde, c’est ridicule, mais nous rentrons dans une partie de notre voyage où les hébergements enregistrés sur les différents sites hôteliers ou même le répertoire des agriturimos, se font très rares, voire nuls.
Cette courte étape doit nous mettre dans les meilleures dispositions possibles pour une première étape de plus de quarante kilomètres.
Nous sommes donc arrivés aujourd’hui à l’hôtel prévu à 11h30 !!!!
Pour vous donner une idée de la taille des communes par ici, nous avons quitté Guardia di Lombardi, pour entrer à Bisaccia. Deux demies communes pour vingt kilomètres.
Au cours de ce parcours, ce fut presque exclusivement un paysage agreste constellé d’éoliennes. Et si j’ai employé le terme constellé ce n’est pas vainement, car il semble y avoir autant d’éoliennes que d’étoiles dans le ciel.
Où que le regard se porte, les géantes d’acier moulinent l’espace. Nous sommes sur la ligne de crête , autour de 1000 m, et la ligne de partage des eaux entre la mer adriatique et la mer Tyrrhénienne, ce qui implique un courant de vent presque continu. Si l’on veux être un peu optimiste, c’est l’industrie que cette région n’avait pas, car la construction et surtout la maintenance d’un millier ou peu être plus d’éoliennes , représentent de très nombreux emplois.
En revanche , nous avons vu assez peu de fermes photovoltaïques, ce qui est étonnant dans un endroit où le soleil est quand même bien présent.
Bisaccia et sa région ont été affectées en 1980 par un séisme et bien que la ville elle-même n’est pas été trop affectée, une Bisaccia Nueva a été construite sur une autre colline, alors que l’ancienne continue son existence.
J’ai eu l’occasion de vous parlé de la Grande Grèce, pré latine, mais plus de mille ans plus tard, vers 1100/1200 une renaissance était déjà en cours ici , initiée par des normands qui n’avaient pu trouver en Angleterre la satisfaction de leurs ambitions. Mais cette histoire tumultueuse, à la jonction des cultures latino-byzantines, musulmanes, juive et chrétienne a permis la transmission des textes grecs de l’antiquité. Donc à Bisaccia un château de cette époque , qui regarde vers le Nord. A méditer.
Puisque nous sommes en ville à l’heure du déjeuner, nous allons profiter de l’occasion pour nous offrir un vrai déjeuner. Nous allons au Grillo d’Oro.
J’ai dit plus haut agreste , mais j’aurais pu dire rural ou paysan et le repas était à l’image de ces qualificatifs.
Après les antipastis, nous n’avions déjà plus véritablement faim tellement cela était copieux, mais après le primo piatti, nous avons dit stop. C’était excellent, mais si peu habituel pour nos estomacs. Deux bouteilles d’eau frizzante . Café et l’addition.
Nous remontons vers le château et nous voilà sur la place de la chiesa cattedrale. Nous admirons sa façade et deux chiens pas agressifs mais trop affectueux se collent à nous. Nous avions l’intention de pénétrer dans l’édifice, mais cela nous encore plus encouragé . Édifice clair, statues de saints à profusion et chaire comme à la grande époque.
L’un des deux chiens nous attendait à la porte, couché en travers.
Alors que nous battions des bras pour l’encourager à aller voir ailleurs, un grand père, un autre, nous interpelle , en intimant au chien de déguerpir .
Nous engageons la conversation. D’où venez vous? Deux trois mots de français
Et il nous dit que son fils enseigne en France, mais surtout à Barcelone et parfois au Japon. Et nous encourage à rechercher sur internet le profil du garçon , profil impressionnant. Nous le félicitons d’une telle descendance. Et sur une telle admiration de notre part, il nous invite à prendre le café chez lui. Enfin sur la place, mais devant la porte fenêtre . Il nous raconte qu’il a été avocat et juge ici à Bisaccia, qu’il a 82 ans et nous parlons de choses de d’autres, cinéma et petits enfants. Et comme pour les bons amis , on sort la grappa. Offert de si bon cœur, cela ne se refuse pas.