Behlitz
Pour celles et ceux qui me font l’honneur de me suivre à la trace, sur ce coup là , je vais vous aider un peu.
Il s’agit d’un hameau, qui possède néanmoins une belle petite église, qui se trouve à 5 kms à l’est d’un bourg un peu plus important nommé Krostitz, lui même à environ une vingtaine de kms au nord de Leipzig.
Et encore une fois tout ceci est le fruit du hasard. Je cherchais sur Krostitz, mais il n’y avait rien , dans les seconds choix , il y avait ce Behlitz. J’ai modifié mon chemin suffisamment à l’avance pour que le trajet supplémentaire soit minime.
De toutes façons j’étais en pétard contre les baliseurs. Très très peu de balises, pas toujours bien placées et même sur un chemin qui n’était pas le bon.
Globalement ce fut un chemin agreste où je constate que la fenaison est en cours. Pour ça comme pour le reste, un matériel impressionnant.
En lisière de forêt , il assez fréquent de voir des miradors, tournés vers les espaces libres, dont on peut supposer qu’ils servent à l’observation des (gros) animaux ou plus prosaïquement à la chasse.
D’ailleurs peu après , je suis passé le long de prairies qui étaient occupées par une troupe ( harde) de chevreuils. Sont ils destinés directement vers les abattoirs, ou sont ils lâchés dans la forêt proche pour une chasse à venir? J’ai connu ce scénario en forêt de Marly où se tenaient les chasses présidentielles. Cela existe t il encore? On lâchait les faisans quelques jours avant la venue de l’illustre président d’une république bananière pour lui offrir un tableau dont il se croyait l’unique tireur.
Comme prévu, le temps se dégrade progressivement, mais cela reste aujourd’hui encore très agréable
Comme vous le pressentez peut être , je me contente d’étapes modestes, après la tentative de trente kms le 1er mai. Demain encore pour arriver à Leipzig, je vais prendre mon temps. Mais après cela serait bien d’accélérer pour éviter d’arriver pour le marché de Noel à Strasbourg
La maison ou je suis accueilli est tenue par des gens très gentils, mais malheureusement ils ne parle que très peu l’anglais , mais aime beaucoup la France et le monsieur est venu m’entretenir de ses séjours dans l’hexagone. Ils connaissent Saint Malo, mais aussi la côte méditerranéenne. La conversation est vraiment difficile lorsque qu’il n’y a pas une langue commune. L’aide du traducteur automatique aide un peu, mais ni lui ni moi, nous ne sommes experts dans ce fonctionnement.
Probablement pour faciliter le dialogue il m’offre une bière , mais l’effet a été très modeste.
Nous avons essayé de parler du chemin de Saint Jacques, que manifestement il connaissait bien, et il m’a donné des informations sur les villes que j’allais rencontrer à l ´avenir. Vous dire que je n’ai pas tout compris est un euphémisme.
En avant , toute
-
Behlitz
-
Bad Düben
Bad Düben
Petit retour sur la journée d’hier. J’ai oublié de parler de l’Elbe, grand fleuve. ( + de 1000 kms)de cette partie de l’Europe, qui ira rejoindre la mer à Hambourg, ce qui montre que même dans espace plat, il y a quand même, une ligne de partage des eaux, le bassin de l’Oder visait la mer Baltique. Son lit est incroyablement large, il faut trois ponts pour pouvoir passer d’une rive à l’autre, alors que nous sommes fort loin de l’embouchure.
Ce fut aujourd’hui une journée quasiment sylvestre .
Le temps étant toujours superbe , ce fut un plaisir décuplé dans la mesure où 90% du parcours fut composé de routes forestières, sans aucun bitume, toutes en lignes droites , facilitant la navigation mais pas dénuées de petites ondulations.
S’il le temps avait été profondément différent, voire pluvieux , Wagner aurait aisément put être convoqué mais c’était le tour des poètes amateurs joyeux de la nature
Au milieu de ce parcours, je suis tombé sur des cabanons , dont les propriétaires peuvent se passer d’à peu près tout, y compris probablement d’eau courante , mais avec la satisfaction d’être en pleine communion avec la forêt. Je ne saurais vous dire si cela est utilisable à longueur d’année. Étonnamment cela paraissait bien calme …heure matinale ? (9h)
Par ailleurs dans le match Lutherweg / Jacobweg, par ici , vous vous en doutez le premier l’emporte haut la main, mais cela m’indiffère dans la mesure , ils vont de conserve à Bad Düben. C’est à quelques kms plus au sud d’ici que le schisme sera définitif. Mais j’avais soigneusement évité d’amener le diable dans le bénitier .
Jusqu’à 10h je n’ai croisé personne, plus tard quelques couples de randonneurs et enfin quelques cyclistes.
En revanche , j’ai noté sur mon chemin beaucoup de panneaux pédagogiques à l’attention de la jeune classe.
Comme l’étape était relativement courte et l’hôtel conforme à ce qu’on peut attendre dans une station thermale, je me suis installé sur la terrasse, 28° sous un parasol, en conservant le dos au soleil, pour retrouver les calories brûlées sur le chemin. Dans cette action de récupération, je me fais aider par une belle part de gâteau crémeux, chocolaté, agrémenté de quelques ( vraies ) fraises. Pour faire passer, s’il en était besoin, je me fais aider par un Coca ancienne formule, celle avec un maximum de sucre !!!!
Dans un commentaire, j’ai lu quelque chose à propos du régime alimentaire Hourdin/Beaumont, certes, mais toujours adapté à la situation, et en ce moment c’est plutôt des efforts substantiels et une alimentation globale limitée, donc des compensations….
Pierre
-
Lubast
Lubast
Petite info, hier j’ai quitté le land du Brandebourg pour entrer dans celui de Saxe Anhalt
Je vous ai laissé 24 heures pour revoir quelqu’unes des 95 thèses de Luther. Il serait malvenu que vous tentiez d’acquérir une indulgence pour ce manquement .
Surtout qu’ici on ne plaisante pas avec ces questions. Avant de quitter la ville, je suis passé à l’office du tourisme pour obtenir un tampon sur ma credenciale. L’employée, au demeurant fort aimable m’indiqua qu’elle ne connaissait pas le Jakobweg, mais que par contre , je pouvait sillonner la région en suivant le Lutherweg !! Pour le tampon, j’ai accepté le Luther qui m’était proposé, lui faisant remarquer que j’étais très œcuménique.
Si j’avais suivi le découpage proposé par le guide l’étape du jour se serait limitée à 16 kms. Je veux bien admettre que les 30 kms d’hier était clairement ma limite actuelle et qu’une distance moindre permettrait de récupérer, mais tout de même..
Je regarde néanmoins les offres de Kemberg, étape prévue. Rien, sinon à 5 kms un établissement dans mon budget. Je regarde comment gérer ces 5 kms. En réalité très facilement, car cet hôtel est sur ma route, 5 kms plus loin. C’est à dire que l’étape suivante qui était indiquée 26, ne fera plus que 21 kms.
Ce fut vraiment la journée des rencontres. En général , cela suit une interpellation en allemand, je m’approche et parle en anglais. Et là si la réponse est oui et donc un dialogue s’engage. Soit c’est non et forcément la conversation est plus fruste . Mais j’énonce les dix mots en allemand qui restent indispensables : eau, pain ,chambre merci, s’il vous plaît , au revoir, fromage, rue, , mais que j’utilise assez peu en réalité.
Je passe dans un petit village, bien assoupi, et un monsieur s’adresse à moi, même scénario, quelques bribes d’anglais tout de même , mais il connaissait le Jacobweg, la Bretagne et les Pyrénées.
Puis un autre qui m’a félicité quand je lui ai dit que l’objectif était Strasbourg, lui imaginait Leipzig , à 70 kms. Puis un couple à sa fenêtre, alors que j’étais à un carrefour et que j’hésitais, avec la carte en main.
Manifestement, ils ne connaissaient rien de ces chemins, mais ils connaissaient la route pour Lubast.
Peu avant cette dernière historiette, j’étais repris d’une fringale de gâteau. Le (très ) peu qui figure sur les cartes des restaurants sont indisponibles. Hier soir encore, le seul dessert à la carte était une mousse au chocolat . Je n’ai pas bien compris pourquoi, mais il n’y en avait pas/plus.
Donc, je mets en tête de trouver une pâtisserie, voyez combien je suis atteint ! En fait de pâtisserie, je passe devant une supérette, mon gestionnaire de bananes m’ayant averti d’un niveau bas des stocks.
Je pénètre dans l’établissement et oh, surprise, il y a , indépendamment de l’alimentation, une boulangerie pâtisserie qui proposait des sortes de tartes aux fraises . Et puisque j’étais là, je prends une cannette de Coca, un pot de produit lacté aux fruits rouges, ou plutôt , goût fruits rouges et mes bananes, tellement vertes, que j’avais l’impression d’acheter des feuilles !!!
La caisse passée, je me dirige vers la « pâtisserie « . Techniquement ce n’est pas, au moins pour moi, une tartelette, mais une sorte de génoise avec une fraise coupée de profil, la même devant servir de décor à plusieurs parts, ce qui fait que quand vous manger cela , c’est plutôt le goût de la TVA qui ressort en premier.
Demain , l’étape se termine dans une station thermale, la probabilité d’une véritable pâtisserie est plus grande , qu’un bourg au milieu des asperges.
Le temps est toujours magnifique, les prévisions pour le début de la semaine sont beaucoup moins optimistes .