Angermünde
L’hôtel du Parc et sa petite chambre était très bien et le petit déjeuner complètement dans la tradition. Mais j’ai beaucoup de mal à forcer ma nature et le personnel doit penser que je suis souffreteux en voyant le peu que j’avale , par rapport au standard d’ici.
Avant de partir je m’inquiète de mon timbre sur ma crédenciale. Je tente d’expliquer de quoi il s’agit, mais je vois qu’ici et pas que, le chemin est encore moins connu que la femme du soldat inconnu.
D’ailleurs j’ai constaté hier , en reprenant mes cartes que j’avais suivi en partie le chemin « officiel » et je n’avais vu aucune balise.
L’hôte du premier jour m’avait laissé entendre qu’après Berlin, ce serait beaucoup mieux…….
Comme j’avais compris que l’hébergement de ce soir serait en pleine nature, je me suis inquiété de nourritures terrestres pour éventuellement deux déjeuners et deux dîners. Comme par ailleurs je m’étais rendu compte que si j’avais bien préparé le câble d’alimentation de ma tablette, j’étais incapable de remettre la main dessus. Et un câble Apple..
Donc en quittant l’hôtel je regardais un peu à droite et à gauche , avec un espoir très relatif. Au fond d’une place moderne, j’avise une enseigne Kaufland. Je n’avais aucune idée de leur activité. . Je m’approche et constate que cela ressemble à un hypermarché . Je me dirige vers l’hôtesse d’accueil et lui montre le chargeur du téléphone. Elle me fait signe que oui , vers la gauche.
Sur place je trouve toutes sortes de matériels . Pour ce qui m’intéresse Apple a un accord avec Hema, entreprise que j’avais plutôt rangée dans le rayon « bimbeloterie « . J’ai essayé dès mon arrivée à la chambre , cela fonctionne !!!
Fini de courir les magasins ,passons aux choses sérieuses .
Faisons un sort à la raffinerie. Une autre a fait vivre ma famille et moi, surtout que celle que j’ai longée ce matin semblait bien gérer au sens environnemental
J’ai rapidement tourné le dos à l’usine en question et me suis engagé dans la campagne, largement dominée par la grande culture .
J’allais m’engager alors dans la terre des junkers, cette infime fraction de la population de cette partie de l’Europe, pas totalement intégrée dans la noblesse, mais immenses propriétaires terriens
Je venais d’en avoir une illustration dans la dimension des parcelles de terre, quand en arrivant dans Pinnow, j’ai pu en voir son pendant dans dans la taille des bâtiments agricoles , immense cour en forme de rectangle de plus de trois cents mètres de long , enserrée par deux corps de bâtiments où devait être logé outre l’ensemble du personnel, à l’époque fort nombreux, mais également les installations techniques nécessaires à une vie quasiment autonome ..Aujourd’hui, une grande partie de ces bâtiments, toujours en excellent état , malgré peut être deux cents ans d’existence, semble affecté à des activités de loisirs, équitation…
Le vent est aujourd’hui très fort et face à moi, j’apprécie les boqueteaux ou les petits villages .
Et il faut bien avoué que mon corps n’est pas vraiment rodé ou aguerri, ce qui a toujours rendu ces « premières semaines « difficiles . Vivement la seconde.
Si le relief est très modeste, la campagne est vallonnée et je suis impressionné par le nombres de grands oiseaux qui vivent par ici.
Des colonies de grues , de cygnes , d’oies parsèment les champs.
En fait de très nombreuses zones humides, allant de la petite mare en passant par des étangs voire de véritables lacs, comme j’ai pu en voir dans la phase d’atterrissage à Berlin, constellent le paysage, installant de multiples roselières favorables à la gent ailée.
Et j’ai même vue une cigogne déjà installée au sommet d’une cheminée industrielle, certainement hors d’usage.
Ce qui d’ailleurs m’interroge, car il me semble que des défenseurs des oiseaux ou des opposants aux éoliennes justifient leur position en disant que ces deux choses sont incompatibles. Vérité ici, ailleurs non.
Car ici ce ne sont pas des champs d’éoliennes, mais des forêts.
Je ne saurais vous dire la distance parcourue aujourd’hui, car j’ai coupé en deux à peu près , la première étape et j’en ai bricolée une autre.
Mais l’important c’est de poursuivre sud.sud .Ouest et qu’apriori j’ai fait la moitié de la distance Stettin-Berlin.
Je suis accueilli dans une petite maison à côté de celle des propriétaires, trois chambres, en pleine nature en lisière de forêt.
Mais j’ai bien fait de prévoir du fromage, du pain et dès bananes.
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En avant , toute - Page 4
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Angermünde
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Schwedt sur Oder
Schwedt sur Oder
Ce fut la journée de l’Oder.
L’hôte m’avait encouragé à passer par la campagne, l’hôtesse de prendre les rives de l’Oder.
Je quitte la maison sans avoir véritablement décidé qu’elle route empruntée, mais 100 mètres plus loin , je lis sur un panneau directionnel que la version par la rive est plus courte de trois kms. Peut être que dans 15 jours 10% de distance en plus ne me fera ni chaud ni froid, mais ce stade du parcours je choisis les trente kms.
Et franchement, je ne regrette rien.
Tout d’abord ,les plus anciens se souviennent ils que la frontière formée par l’Oder associé à la rivière Neisse marquait la volonté de Staline de repousser la frontière ouest de la Pologne et de détacher Stettin de l’Allemagne. Un des sous produits de Yalta, mais en sommes nous si loin?
Il faut aussi remarquer que cette partie de l’Europe manque cruellement de frontières naturelles sauf à utiliser les fleuves ou rivières à cet effet.
Donc à l’Est la province polonaise de Poméranie occidentale, à l’Ouest le Brandebourg allemand, le tout d’une grande platitude où le fleuve peine à marquer son lit. Cela forme une immense plaine au sol largement composé de sable amendé par des siècles de végétalisation comme nous en avons l’exemple avec les Landes.
Et ici aussi des dunes se sont formées sous l’effet du vent, accordant au paysage un minimum de relief.
Et donc j’ai longé le fleuve. En fait plus ou moins en fonction de la proximité des dunes , ce qui conduisait le chemin en forêt ou si celles ci étaient plus loin, je traversais alors une zone polderisée , juché sur une digue tentant de canaliser les envies d’errance du fleuve. Dans un cas ou dans l’autre loin de la civilisation.
L’hôtesse m’en avait un argument pour me convaincre de choisir cette version, j’ai pu admirer toutes sortes d’oiseaux aquatiques des connus ( de moi ) de très nombreuses oies, canards , grues, cygnes et d’autres…moins connus de moi.
Dans la partie forestière, n’ayant aperçu aucun animal, je ne suis concentré sur les arbres. Les tons cuivrés des troncs des grands pins , les aiguilles printanières des mélèzes, d’un vert tendre à souhait et dans les parties plus humides des bouleaux bien blancs.
Ce fut mon spectacle pendant vingt kms environ. Je n’avais vu aucun bateau, mais le balisage permettait de penser qu’un trafic était possible, en dépit des berges mouvantes et incertaines.
Puis je découvris le débouché d’un canal latéral, lui complètement en Allemagne.
A l’occasion du franchissement du canal, j’entame la conversation avec des cyclotouristes qui venaient en sens inverse. Nous échangeons sur nos différentes expériences et ils m’offrent du chocolat. Sympas les cyclistes allemandes.
Chacun repart vers son destin.
Et moi je me retrouve sur la digue avec à ma droite le canal qui tout d’un coup m’offre le spectacle d’un trafic actif, deux péniches dont l’une pouvait charger 1050 tonnes et deux bateaux de plaisance.
Sur ma gauche, le fleuve n’est plus qu’une immense roselière de probablement un ou deux kilomètres de large.
Mais c’est à partir de là que la progression a commencé à être un peu plus difficile, pas tant pour les jambes que pour les épaules et les reins, le sac y appuyant fortement et donc j’ai sollicité les bancs de rencontres.
Me restait plus qu’à trouver un hébergement. Pour votre complète information Schwedt possède sur son territoire un considérable usine de pâte à papier ainsi qu’un très belle raffinerie. La transformation des immeubles de l’époque Honecker en constructions visuellement acceptables a été réalisée .
Ceci dit , je mets en quête d’une chambre. Sur le trottoir j’avise une dame bien sous tous rapports et lui pose la question.
Pas de chance elle ne parle pas anglais, je lui sort mon trésor linguistique : zimmer ou éventuellement bett. Compte tenu de mes grands talents, elle me réponds : hôtel ou comme je fait un peu la moue elle continue avec: pension. Comme j’approuve cette proposition, elle m’indique de tourner au prochain feu à gauche.
Dès dans la rue , j’aperçois l’enseigne d’un hôtel, qui semble afficher deux étoiles. Ce n’est peut être pas le moment de faire la fine bouche.
Je me dirige vers la réception. J’exprime ma demande : 95€.
Je lui indique que je ne souhaite pas mettre autant, il me demande combien, je lui dit :moins . Et il me trouve une chambre single à 65€ ce qui me va bien.
Et cela me permet de faire ce compte rendu dans de bonnes conditions. -
Stettin puis Mescherin
Stettin puis Mescherin
Je suis parti de bonne heure de l’auberge de jeunesse, le soleil brillait sur les bâtiments bien exposés depuis un bon moment , mais la température était encore fraîche (5°)
Je suis donc revenu à la haufbahnhof de Berlin. J’ai ainsi pu apercevoir le Bundestag et longer les bords de la Sprée. .
J’ai un peu moins de 200 kms à parcourir, mais le bonheur des villes frontalières est de ne pas se reconnaître et donc je m’engage dans un parcours qui va me faire connaître trois trains différents pour parcourir cette petite distance.
En attendant le premier train, j’ai pu envoyer mon premier résumé et commencer celui ci.
MaIs c’était trop beau.
J’attendais tranquillement mon premier train sur la voie qui était indiquée, quand j’ai compris qu’il y avait quelque chose qui clochait. Un train stationnait sur la voie en question depuis 10 minutes et ne semblait pas disposer à déguerpir.
Je me lève pour revoir le tableau et c’est alors je compris que le train avait été changé de voie et qu’en fait il venait de fermer ses portes dans mon dos.
Aïe aïe aïe.
Direction le bureau d’informations.
Un autre train dans une heure mais poursuite du trajet en bus….et arrivée à Stettin à un autre endroit que celui que j’avais reconnu, sur un plan.
L’aventure , vous dis-je !!.
Maintenant que je sais qu’il ne faut plus faire une confiance aveugle aux chemins de fer allemands , je prête une attention soutenue dès que j’entends « Achtung…. » qui doit annoncer un changement quelconque dans la belle organisation.
Ceci dit, je jette aux orties mes beaux plans réalisés en chambre pour me colleter avec la réalité. Déjà le plan initial était fou, mais maintenant persévérer me conduirait directement à l’asile.
D’autant plus que le trajet en train puis en bus pour terminer m’a surabondamment montré que les banlieues d’ici ou d’ailleurs n’ont pas grand chose à offrir au pèlerin. La présence de ce grand port si près de la riche Allemagne a encouragé les investissements de multinationales dans la périphérie de Stettin,. Ceci à engendré un fort trafic routier, donc la construction d’autoroutes…….
Donc en résumé je suis allé à la cathédrale, Jakuba, qui est signalée cinq kms avant….pour marquer le début de cette randonnée. Puis juste en face un restaurant de spécialités polonaises a attiré mon attention et partir le ventre vide serait une hérésie .
Et comme mon hébergement était à 33 kms de là, j’ai pris un taxi pour m’extirper de l’agglomération, soit 14 kms. Ce qui fait , avec les 2 de ce matin 21 kms pour le premier jour , est , pour moi, satisfaisant.
Si le balisage est très correct, il m’a fallu près de 8 kms pour le croiser, mais sachant que devait naviguer au sud , je n’avait pas d’inquiétude particulière. Au cours de cette partie je devais franchir la frontière polono allemande. Actuelle me t les allemands ne semblent plus pratiquer la frontière ouverte. Sur la route principale , je n’ai pas remarqué de contrôle. Par contre le chemin de Compostelle est officiellement fermé, par une barrière type de celle qui clôture les près. Et ce n’est pas ce mètre cinquante avec doté de barreaux qui allait me décourager. Donc le sac d’abord, puis le bonhomme.
En sortant de la forêt, j’arrive à Mescherin, fin de l’étape.1
La chambre se trouve dans une belle bâtisse ancienne , complètement rénové par le parc naturel dont elle est un des points de ralliement. L’ensemble est tenu par charmante dame, que l’on peut , me semble t il, dire âgée, mais qui parle anglais ce qui rend bien des services. Plus tard arrive un mari qui parle un excellent français.
Pour le moment, je partage l’établissement avec un ouvrier qui travaille sur le chantier de la rénovation de la voie ferrée . j’ai compter 9 chambres.
Juste avant le dîner , le couple a attiré mon attention sur une succession de vols de grues, jeunes d’après leurs dires, qui ont à plusieurs reprises survolées la maison.
J’ai dîné seul, eux ne prenant rien au dîner , à part un verre de vin.