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En avant , toute - Page 3

  • Granja

    Granja de Moreruela

    41 kms expédiés sans problème , car le profil de l'étape ne comportait aucune difficulté et le balisage était très clair.
    Nous sommes toujours sur la Meseta castillane et je ne sais plus quoi vous raconter sur les paysages qui sont , il faut bien le reconnaître , d'une grande monotonie.
    Des céréales à perte de vue et parfois une petite vallée souvent utilisée par un barrage, mais pour le moment, les étiages sont très bas.
    Ici les terres sont rouges et si l'on espère un village, il n'est pas rare que dans son attente on confonde toitures et champs juste labourés. Cette terre argileuse donne également une matière première appréciée pour des poteries culinaires.
    Quoi de neuf, donc, qui puisse justifier que je mobilise votre attention, ce soir ( ou ce matin, selon vos habitudes).
    Voilà , nous sommes passés par très loin de Tordesillas . Pour les très rares à qui le nom de cette ville ne dirait rien, laissez moi vous rafraîchir la mémoire . Les portugais sont sur les mers depuis longtemps et ils progressent le long des côtes africaines.
    Les espagnols ont choisis , ou ont pris ce qui restait du monde , l'ouest.
    Mais les portugais par un heureux hasard, viennent de découvrir les côtes brésiliennes. Et donc demandent que soit repoussée la ligne de partage vers l'ouest. Les espagnols , peu méfiants acceptent cette condition et signent sous l'égide d'un pape alors espagnol. Et c'est en raison de ce traité que les Brésiliens parlent portugais, alors que , presque, tous les autres sud américains parlent espagnol.

    Parmi les petites nouveautés du jour, le bocadillo à la tortilla, en français, un sandwich à l'omelette aux pommes de terre . C'est remarquable comme en quelques jours la "culture du porc" a disparu. Ce qui était incontournable hier , est devenu quasi introuvable. Les frontières culturelles sont vraiment encore fortes.

    Ce soir c'est la fin notre quête de l'étoile polaire . En effet dès demain, nous entamons
    un ample virage vers le nord-ouest . C'est donc ici que nous nous séparons des pèlerins qui iront aussi à St Jacques, mais en passant par Astorga, c'est à dire en retrouvant ceux empruntant "le camino francés "
    Passons la nuit dans une "Casa rural" avec un couple d'australiens vivant en Grande Bretagne et qui ont déjà arpenté pas mal de chemin en France et en Espagne
    Nous continuons à bénéficier d'un temps très agréable , même s'il est frais le matin.
    Pierre

  • Zamora

    Zamora
    Personnellement, je ne crois pas avoir jamais entendu le nom de cette ville, mais c'est regrettable car elle vaut bien le déplacement .

    Mais revenons au trajet d'abord.
    Inattention, mauvaise interprétation du balisage et aide limitée du guide, nous nous sommes égarés un nouvelle fois. Heureusement que notre camino suit en parallèle la nationale 630. Il suffit de se tromper du bon côté et nous sommes récupérés par cette nationale. Maintenant qu'elle est doublée par une autoroute gratuite, la circulation y est quasiment inexistante.
    Malgré ce petit désagrément nous arrivons à Zamora à 13 h .
    Après nos ablutions quasi rituelles, nous ressortons pour déjeuner. Cela fait du bien d'avoir de temps à autre un véritable déjeuner . Le hasard voulut que ce fut dans un restaurant chinois. Il faut bien voyager dans le voyage.
    Nous ressortons du restaurant et tombons nez à nez avec nos hollandais quittés il y a deux jours . Retrouvailles prévues à 19 heures pour bière et dîner.
    Zamora rassemble un patrimoine roman d'une rare qualité sans parler du nombre des monuments en question.
    Il faut faire un choix et nous allons voir la cathédrale et son musée . Évidement nous sommes loin du dépouillement du roman le plus classique, et la périphérie du chœur est constituée de chapelles plus riches les unes que les autres. L'une d'elles possède un autel entièrement en argent, le tout sur une hauteur de 3 ou4 mètres , bien sûr ciselé et sculpté dans le goût local.
    Le musée possède bien sûr des objets liturgiques anciens , mais surtout une série exceptionnelle de tapisserie de Tournai, Arras et Bruxelles, illustrant des scènes de la mythologie ou de l'histoire ancienne . Très intéressant.
    En sortant nous croisons l'un des commensaux d'hier soir, l'espagnol de Toulouse .

    Nous nous promenons dans la vieille ville . On touche ici du doigt les ravages de la crise en Espagne et le nombre de commerces fermés et les locaux à louer ou vendre est impressionnant. Il faut aussi remarquer que nous ne sommes pas dans le mieux placé, loin de tout, pour profiter de la reprise.

    Nous retrouvons nos amis néerlandais et passons une excellente soirée dans un bon restaurant qu'ils connaissaient. Comme ils prennent la même direction que nous , peut être nous reverrons nous?

  • El cubo

    El Cubo de la Tierra del Vino

    N'allez pas imaginer qu'avec un nom comme cela , nous nous sommes arrêtés dans un cubi de vin.
    Pour Cubo, j'ai cherché à comprendre, sans succès . Pour la Tierra del Vino, ce fut une région productrice de vin jusqu'à ce que le phylloxéra réduise la production à néant . Et aucun autre cépage ne remplaça l'ancien.

    Pour la première fois depuis notre départ , il plut . Durant la nuit.
    J'avais cherché les prévisions météo et cette averse était prévue dans la journée .
    Comme le vent souffle toujours avec vigueur, pluie ou pas pluie les températures ressenties restent fraîches et nous enfilons une bonne partie de notre garde robe, au moins pour la matinée .
    Quand nous sommes arrivés, cette impression de froid perdure , car cette fois alors ce sont les calories qui nous manquent.
    Dans ce petit village , nous étions soucieux de ne pas trouver une chambre. Trouver un lit , cela se trouve toujours, car les refuges ont toujours des dortoirs, mais nous avons un peu passé l'âge des dortoirs.
    Mais pas de problème ,nous en trouvâmes une.
    Après c'est le rituel, douche ,récupération, puis petit tour en "ville", bière. Rencontre avec d'autres pèlerins, échange cordial de banalités .
    Un aimable habitant nous propose de visiter l'église du village, nous le suivons. Il nous offre d'ajouter un coup de tampon sur nos credenciales . Je reviens les chercher au gîte
    Le maître et la maîtresse de maison , offrent à qui veut, de pouvoir dîner chez eux.avec en plus le choix des mets. Nous avons bien sûr accepté.
    C'est donc une table très diverse qui nous a réuni avec une australienne , parlant parfaitement l'espagnol , un basque espagnol, une espagnol vivant à Toulouse et nous deux. Nos hôtes assurant le service et nous racontant les petits arrangements de leur vie. Ils avaient eu aussi la bonne idée de mettre un feu de bois dans la cheminée, et franchement ce n'était pas un geste superflu .
    Bonne chère , vin du pays et camomille à l'alambic firent un dîner animé.
    Pierre