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En avant , toute - Page 11

  • Lubast

    Lubast

    Petite info, hier j’ai quitté le land du Brandebourg pour entrer dans celui de Saxe Anhalt

    Je vous ai laissé 24 heures pour revoir quelqu’unes des 95 thèses de Luther. Il serait malvenu que vous tentiez d’acquérir une indulgence pour ce manquement .
    Surtout qu’ici on ne plaisante pas avec ces questions. Avant de quitter la ville, je suis passé à l’office du tourisme pour obtenir un tampon sur ma credenciale. L’employée, au demeurant fort aimable m’indiqua qu’elle ne connaissait pas le Jakobweg, mais que par contre , je pouvait sillonner la région en suivant le Lutherweg !! Pour le tampon, j’ai accepté le Luther qui m’était proposé, lui faisant remarquer que j’étais très œcuménique.

    Si j’avais suivi le découpage proposé par le guide l’étape du jour se serait limitée à 16 kms. Je veux bien admettre que les 30 kms d’hier était clairement ma limite actuelle et qu’une distance moindre permettrait de récupérer, mais tout de même..
    Je regarde néanmoins les offres de Kemberg, étape prévue. Rien, sinon à 5 kms un établissement dans mon budget. Je regarde comment gérer ces 5 kms. En réalité très facilement, car cet hôtel est sur ma route, 5 kms plus loin. C’est à dire que l’étape suivante qui était indiquée 26, ne fera plus que 21 kms.

    Ce fut vraiment la journée des rencontres. En général , cela suit une interpellation en allemand, je m’approche et parle en anglais. Et là si la réponse est oui et donc un dialogue s’engage. Soit c’est non et forcément la conversation est plus fruste . Mais j’énonce les dix mots en allemand qui restent indispensables : eau, pain ,chambre merci, s’il vous plaît , au revoir, fromage, rue, , mais que j’utilise assez peu en réalité.

    Je passe dans un petit village, bien assoupi, et un monsieur s’adresse à moi, même scénario, quelques bribes d’anglais tout de même , mais il connaissait le Jacobweg, la Bretagne et les Pyrénées.
    Puis un autre qui m’a félicité quand je lui ai dit que l’objectif était Strasbourg, lui imaginait Leipzig , à 70 kms. Puis un couple à sa fenêtre, alors que j’étais à un carrefour et que j’hésitais, avec la carte en main.
    Manifestement, ils ne connaissaient rien de ces chemins, mais ils connaissaient la route pour Lubast.

    Peu avant cette dernière historiette, j’étais repris d’une fringale de gâteau. Le (très ) peu qui figure sur les cartes des restaurants sont indisponibles. Hier soir encore, le seul dessert à la carte était une mousse au chocolat . Je n’ai pas bien compris pourquoi, mais il n’y en avait pas/plus.
    Donc, je mets en tête de trouver une pâtisserie, voyez combien je suis atteint ! En fait de pâtisserie, je passe devant une supérette, mon gestionnaire de bananes m’ayant averti d’un niveau bas des stocks.
    Je pénètre dans l’établissement et oh, surprise, il y a , indépendamment de l’alimentation, une boulangerie pâtisserie qui proposait des sortes de tartes aux fraises . Et puisque j’étais là, je prends une cannette de Coca, un pot de produit lacté aux fruits rouges, ou plutôt , goût fruits rouges et mes bananes, tellement vertes, que j’avais l’impression d’acheter des feuilles !!!
    La caisse passée, je me dirige vers la « pâtisserie «  . Techniquement ce n’est pas, au moins pour moi, une tartelette, mais une sorte de génoise avec une fraise coupée de profil, la même devant servir de décor à plusieurs parts, ce qui fait que quand vous manger cela , c’est plutôt le goût de la TVA qui ressort en premier.
    Demain , l’étape se termine dans une station thermale, la probabilité d’une véritable pâtisserie est plus grande , qu’un bourg au milieu des asperges.

    Le temps est toujours magnifique, les prévisions pour le début de la semaine sont beaucoup moins optimistes .

  • Treuen- Brietzen. Lutherstadt Wittenberg

    Treuen-Brietzen……Lutherstadt Wittenberg


    Ce fut une journée bien chargée à tous points de vue
    Les hôteliers de cette nuit furent on ne peut plus chaleureux, me proposant de faire des courses pour moi, dans la mesure où 1er mai oblige, la probabilité de trouver une quelconque alimentation ouverte était proche de zéro et peut être même égale à zéro.
    Je lui ai demandé de me procurer du fromage, type « Gouda » cela voyage bien dans un sac à dos.
    A 6h 15 j’entends l’hôtelier descendre pour préparer le petit déjeuner prévu pour la clientèle à 7h30. C’était proprement éblouissant de variété dans les produits proposés mais tout cela dans une multitude de plats et de contenants divers. Mais j’ai toujours un mal fou à dépasser ma capacité d’ingurgitation habituelle.

    Hier soir j’avais une nouvelle fois scruté les possibilités répertoriées en matière d’hébergement, à proximité du lieu de échouage prévu.
    J’avais trouvé une pension qui aurait pu convenir, mais malgré un mail, aucune réponse. Ce matin, je demande à l’hôtelier de la jouer plus intrusif et de passer , pour moi, un coup de téléphone. C’était non ( de la part du futur hébergeur).
    Je pars avec mon fromage et du pain donné à partir du buffet du petit déjeuner.

    Donc l’idée de la journée, c’était de partir sans rien réserver ( j’avais quand même jeter un coup sur les possibilités de Wittenberg , il y en avait plusieurs dans mon budget) mais le principe de base étant de faire confiance à sa bonne étoile.
    D’autre part je voulais tester ma capacité à réaliser 30 kms.

    Dans les conditions de base, il faut savoir que l’on vient de rentrer dans une période de trois jours où la température va être très supérieure à la normale.
    Si tout c’était passé comme prévu, j’arrivais comme fleur ( fanée) à Treuen-Brietzen. C’était l’endroit où j’ai recherché un hébergement, sans succès.
    Mais voilà , emporté par ces magnifiques projets au parfum d’aventure , je rate une balise et m’engage dans une direction pas des plus favorables et je m’allonge le parcours de 4 kms. Il fait encore très bon et je marche d’un bon pas.

    Ces pas qui m’amènent à Beelitz , qui est probablement la Mecque de l’asperge allemande . Pas des petits champs ridicules, non des terrains de vingt, trente hectares d’un seul tenant. Et j’en ai devant moi, derrière moi, à gauche à droite. Je pense qu’en faisant un stage ici on peut obtenir un doctorat en aspergeologie ou aspasragusologie. Je ne comprends pas pourquoi le dictionnaire intégré de ma machine voit rouge.
    Un moment le champ était si vaste que l’exploitant a installé des toilettes mobiles pour son personnel à l’identique de celles que l’on trouve sur les chantiers….

    Tout cela distrait , pourquoi une reconversion, mais le problème de la chambre reste entier. A un moment je traverse un hameau au sein duquel je vois à deux endroits différents écrit le mot »pension » la première adresse semblait fermée (1er mai ?) la seconde l’était presqu’autant, mais quelqu’un fini par me répondre à l’interphone.
    L’anglais n’était pas une langue familière pour eux et compte tenu qu’ils sont restés barricadés chez eux , j’ai conclu que je devais passer mon chemin.
    Peu avant, assis dans un abribus , un cycliste m’y rejoint. A peu près mon contemporain et parlant bien anglais. Après lui avoir exposé mon problème, il n’hésite pas à arrêter un adolescent en vélo, pour lui poser la question d’un hébergement. Pour tout vous dire, c’est ce que secrètement, j’avais envisagé. Mais choux blanc.
    Mais mon nouvel ami ne se laisse pas démonter par un minuscule échec.
    Il passe un coup de fil, mais il tombe sur un répondeur.
    Dépité de son insuccès, il me quitte en me souhaitant bonne chance.

    J’atteins mon objectif de trente kms franchement fatigué, mais à une heure très satisfaisante , 14 h30, et là la deuxième partie est prévue de se passer un auto-stop.
    Mais si on ne souhaite pas passer des heures sur place, il y’a des règles très strictes à appliquer, dont l’un des premières est de faciliter l’arrêt de la voiture .
    Il se trouve qu’à ce moment là vitesse recommandée limitée à 70 kms en raison d’un carrefour. Je m’installe 25 mètres avant l’intersection permettant ainsi l’arrêt.
    Je comprendrais très bien que vous disiez qu’un sejour de 6 ans à proximité de Marseille laisse des traces, mais je vous assure que c’est la première voiture à passer qui s’arrête .
    Je vous l’accorde elle ne m’a fait gagner que cinq kms, mais j’étais très content. Une deuxième prise en charge m’était nécessaire et là, le score est un peu moins bon, une quarantaine de véhicules, mais dont deux m’allaient pas dans la bonne direction.
    Les occupants de cette voiture étaient deux jeunes afghans qui se baladaient, n’étaient jamais venus juste qu’à Wittenberg et ont donc décidé de m’y déposer.

    Une fois cela fait , juste à vérifier que mon pari de ne rien réserver était gagnant, la réponse est oui, et j’ai choisi le plein centre ville.

    Ce qui m,à permis de faire un petite visite du plein centre,

    Vous avez vu dans le titre de cette chronique que le nom de Luther est associé à celui de Wittenberg, je vous laisse l’opportunité de revoir la genèse de cette affaire. Je vous signale également que c’est aussi la vile de la famille Cranach, les célèbres peintres .

    La bonne nouvelle pour moi, c’est pour le prochain WE vous aurez encore trois jours à vous balader , si vous le souhaitez, alors qu’ici le 8 mai, c’est , comment dire, sans intérêt…

    Pierre

  • Michendorf

    Michendorf

    Si depuis mon départ, j’ai goûté à la cuisine allemande ou du moins , nord européenne, et italienne, le hasard de la route fit qu’hier soir le premier restaurant sur mon chemin fut grec.
    Ce fut l’occasion de me remémorer un fameux restaurant grec de Martigues où il y a déjà plus de trente ans , nous ne revenions jamais sans notre barquette de plats à finir. Ou dernièrement, notre voyage aux Cyclades.

    Ce soir ce fut donc, potage aux haricots, salade très composée et délicieuse, moussaka et bien sûr pour finir un petit verre de raki, comme le veut la tradition.

    Ce matin le soleil est toujours éclatant et la température très très fraîche .
    Avant de poser mon pied droit par terre, j’appréhendais un peu la situation.
    Certes il restait un petit quelque chose de l’incident d’hier, mais je pus aller prendre mon petit déjeuner en marchant pratiquement normalement.

    Je m’étais prévu une étape pas trop longue et compte tenu que le Chemin partait beaucoup dans le zig et aussi dans le zag, j’ai profité des belles pistes cyclables pour tirer droit.

    Avant de quitter l’hôtel , il faut que je vous raconte une saynète survenue hier et qui en dit peut être beaucoup plus que le simple récit que je vais vous en faire.

    Le Chemin nous fait passer dans un cimetière, ce qui n’est pas si inhabituel que cela, surtout en ville. C’est un magnifique cimetière luthérien, engazonné , arboré d’espèces centenaires et fleuri, entre autres par des azalées arbustives d’un rouge d’un grand chic . Les tombes sont marquées uniquement par des pierres verticales..

    Mais le diable se niche dans les détails: les arrosoirs , nombreux,
    sont retenus à un rack par des antivols de vélo , pendus par l’anse, le bec verseur fléchi vers le sol.

    Retour à aujourd’hui, je pars à un rythme de sénateur et comme j’essayais de comprendre l’origine de mon soucis, je me suis dit que peut être , cela pourrait trouver son origine dans un manque d’hydratation. En effet lorsque j’arrive à l’étape , je constate que ma gourde est encore largement pleine.

    Tout se passe bien. En traversant le village de Saarmund, je suis même apostrophé par un monsieur , d’origine italienne, qui me dit qu’il a parcouru la Francigena entre Sienne et Rome.

    Je suis passé devant un restaurant qui avait l’air très accueillant, mais il était 10h45 et il précisait bien qu’il n’ouvrait qu’à midi.

    J’arrive au lieu de mon hébergement , extrêmement agréable, mais perdu au milieu de nulle part, .Il arbore un logo indiquant que les cyclotouristes sont les bienvenus . Mais dommage ,il ne fait pas restaurant. On me dit que l’on peut faire livrer des pizzas.
    J’entame une discussion avec la patronne, qui me dit très vite que son mari et elle, font de la randonnée et qu’ils se sont mesurés avec le mur d’Hadrien entre l’Ecosse et l’Angleterre.

    J’ai beaucoup de mal à trouver un hébergement pour demain , 1 mai.
    Dans ma documentation, j’ai u;e adresse mail, j’ai lancé une bouteille à la mer.