Kleinheringen
Après la journée d’hier que je crois pouvoir qualifier de calamiteuse, j’avais réduit me ambitions de 4 kms , afin de récupérer . Cela limitait donc la course à 26 kms , qui sur la papier, devait se faire sans trop de problème.
Il ne pleuvait plus , mais le ciel restait gris. La température un peu plus clémente qu’hier. Et tout démarrait bien. Un balisage impeccable, une très longue ligne droite puis un magnifique passage en forêt , qui , ici a déployé toutes ses feuilles.
Et là au sortir de ce bois, une vision grandiose s’offre à moi. C’en est fini de la grande plaine du nord, maintenant place aux vallonnements, la vallée de la Saale propose des coteaux rappelant ceux de la Loire ou parfois aussi ceux de la Dordogne. Et pour accentuer le mimétisme, ici aussi les vignes sculptent le paysage.
L’effort que je fais ne s’y prête guère, mais des offres de dégustation ou des repas que je suppose bien arrosés, jalonnent mon parcours.
Depuis ma mésaventure d’hier je suis écartelé, pas franchement sur le plan physique, non il peut avoir des soucis de récupération, mais des problèmes de nature plus psychologiques. Au moins trois paramètres dans cette équation. J’ai retrouvé un balisage très correct et on peut lui faire confiance, mais en réalité, je ne sais , à l’avance où il passera, ce qui est un problème vis à vis de la localisation de la chambre.
Je sais maintenant qu’il faut que je sois très économe de ma batterie et donc accepter que mon téléphone soit éteint , ce qui augmente la probabilité d’un mauvais choix.
Et puis il y a ce l’on rencontre en route. Vous demandez à Google un chemin pour piétons et vous allez vous retrouver sur une départementale très fréquentée. Où sont passées les pistes cyclables du Brandebourg ?
Dans les imprévus vous avez aussi le cas de ce matin. Le Chemin passe sur la rivière par un bac à chaîne pour piétons . Pas chance le câble de guidage était recouvert de débris végétaux apportés probablement pas les pluie d’hier . Les techniciens étaient sur place, mais ils n’ont dit de continuer mon chemin. Combien de kms en plus, je ne sais pas.
Finalement je passe à Naumburg, ce qui n’était pas prévu!!!. Comme s’était l’heure de midi et comme le dîner d’hier n’était pas proposé, ni d’ailleurs le petit déjeuner de ce matin, je me suis qu’il ne fallait pas trop plaisanter avec le carburant.
Je crois avoir goûté à la cuisine allemande. Le plat proposé était une salade de pommes de terre avec deux de ces fameuses saucisses que le monde ne leur envie pas et dont on serait bien en peine en les dégustant de dire avec quoi elle sont faites. Le prix était modique , le volume aussi.
Donc j’ai complété avec un gâteau aux pommes et un café americano que j’ai sucré.
Comme on était en ville , j’ai refait mon stock de bananes. Et je suis reparti.
On n’efface pas une journée comme celle d’hier avec un gâteau aux pommes. Donc le plus dur restait à venir.
Je me trainais sur les trottoirs des villages traversés,lorsque je suis rattrapé par un autre marcheur. Comprenant que je suis français, il poursuit dans cette belle langue. Nous marchons ensemble pendant deux kms environ. Cette conversation m’avait redonné du tonus, mais comme tous les dopants, l’effet ne dure. Les trois derniers kms furent très laborieux.
Mais comme je suis chanceux,j’aurais un dîner ce soir à l’hôtel. Deux repas dans la même journée ….
Pierre
En avant , toute - Page 9
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Klieneheringen
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Pettstadt
Pettstädt,
Ne cherchez pas trop longtemps, il s’agit d’hameau à l’ouest de Weissenfels
Journée particulièrement éprouvante aujourd’hui.
Premier élément qui était prévu, mais cela ne change rien à l’affaire: il pleuvait fort ce matin et depuis probablement un certain temps. Si les précipitations se sont un peu calmées l’après midi, mais c’était toujours de l’eau.
Donc ce matin après quelques hésitations, je me jette à l’eau. Programme théorique de la journée 29,9 kms. Le plus grand des hasards avait voulu que l’hôtel offrait des photocopies sur papier ordinaire deux cartes très détaillées du parcours des 15 premiers kms. Disons que cela a bien servi, mais que quand il pleut ce genre de papier ne dure pas très longtemps.
Je m’arrange pour ne sortir qu’une seule deux feuilles, mais…
Ce matin la plus grande partie du trajet s’est fait sur des chemins agricoles et lors de mon passage des mares considérables obstruent le chemin et il faut se livrer à des exercices haute voltiges, pour finir par avoir les pieds trempés et le haut n’est guère plus sec, la pluie s’insinuant partout.
A onze heures trente, j’arrive à Leuna. Je suis mouillé de partout et surtout j’ai froid. J’entre dans une agence d’assurances pour savoir si dans le coin et de préférence sur ma route à venir, il y a un restaurant.
On m’indique que oui et je vais m’y arrêter, conformément au règlement.
Il est 11h30 , mais cela ne pose pas de problème. Avant toute chose, je change mon T shirt pour prendre le plus chaud, que j’avais plutôt prévu pour la partie la plus au nord
J’avais parcouru 16 kms ce qui était très satisfaisant compte des conditions.
Et à partir de ce moment là, j’étais 100% dépendant de mon téléphone.
A peine après un km, première alerte , il m’envoie dans une entreprise de nettoyage de cuves , 500m. X2 de perdus ( tjs sous la pluie) . Tous se passe bien pendant un bon moment jusqu’à un village que j’avais répertorié comme point de passage. Il me demande de prendre la piste cyclable, j’en suis ravi. Cela nous fait longer un grand lac que j’avais bien vu. Il m’indique de continuer. Je vois même par miracle deux coquilles, super je suis sur le bon chemin, même si cela est un pur hasard.
On s’éloigne très peu du lac, alors que j’avais eu l’impression que le gîte en était quand même bien éloigné.
Il veut me faire prendre un chemin barré par une clôture électrifiée.
Je sort une nouvelle fois la machine, et là, je vois qu’il estime que nous sommes arrivés, au bord du lac en pleine forêt. Lui même me dit qu’il épuisé et qu’il se met en sommeil.
J’ai toujours préféré les cartes papier.
La situation est simple , il pleut, je dois avoir fait déjà 25 kms, je sais pas où je suis et je ne sais pas quelle direction je dois prendre pour gagner mon lit, et accessoirement à quelle distance il se trouve.
Cette promenade « tour du lac » est charmante, mais pour éviter les nuisances externes , il y a très peu d’accès , ce que j’ai découvert à posteriori. Je choisis de poursuivre pensant trouver rapidement un échappatoire à ce circuit. Ce ne fut pas le cas.
Sans carte, sans GPS, sachant uniquement qu’il fallait aller à l’Ouest, mais lequel ? L’Ouest, le Sud Ouest ou l’ ouest sud ouest.
Après quatre interviews et pas mal de kms nécessaires, mais bien inutiles je finis par arriver.
Première préoccupation , faire sécher l’ensemble de mes affaires qui sont plus ou moins mouillées ou au moins humides.
Quelques conclusions à cette journée.
- acheter d’urgence une batterie externe . Erfurt dans trois jours. Mais dimanche
- Que parti pour trente, j’ai dû approcher les 40kms, ce qui est finalement intéressant pour les étapes prochaines
Pierre
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Kotschlitz
Kotschlitz
J’ai marché pendant douze jours plein sud, mais je dois maintenant regarder comment atteindre le sud ouest de l’Allemagne. C’est pourquoi pour quelques jours je vais prendre la direction de l’ouest pour rejoindre Erfurt. Là bas un chemin orienté sud-ouest me rapprochera de Strasbourg.
Comme je le présentais la sortie de Leipzig fut un peu difficile, sans carte précise, ni surtout balisage approprié. La reconnaissance que j’avais effectuée hier soir n’a pas été inutile, mais 100 mètres plus loin, je me retrouve dans une sorte de bois de Boulogne avec de multiples allées…..
Je n’étais pas totalement dans une mauvaise direction, mais dès que j’ai sorti la petite machine, elle m’a remis dans le ( bon ? )chemin.
Destination : Kotschlitz. En fait , il s’agit d’une erreur. La carte que j’ai pu obtenir hier, n’a pas d’échelle. Donc un peu délicat d’apprécier les distances. Donc je prends la machine et regarde pour une ville appelée Merseburg, qui me semblait à bonne distance : 50 kms. Bien sûr beaucoup trop. Je vois sur ma tablette ce village de Kotschlitz et un hôtel acceptable. Top la , c’est vendu.
Simplement, ce matin, très vite dans Leipzig, je vois qu’en réalité Merseburg. n’est qu’à 25 kms. Résultat encore une petite étape !!.
Donc aujourd’hui, tout le trajet la petite machine à la main. J’ai beau ne pas l’allumer en permanence, la batterie se décharge finalement assez vite. Et évidemment c’est parfois dans les dernier hectomètres qu’elle peut être encore plus utile , vous n’arrivez pas à trouver la bonne rue, et que la batterie est à plat, comme son propriétaire. Machine ancienne, probablement pas choisie pour tenue de sa batterie……..
Le temps médiocre du matin, s’est progressivement amélioré et c’est appréciable, car choisir entre les chaussures mouillées ou les chaussures boueuses, j’ai un peu de mal.
Vers la fin du parcours je retrouve un canal et comme celui dont je vous déjà entretenu, il est donc construit sur un remblai, tellement haut par rapport au niveau du sol naturel, qu’un tunnel a été créé pour permettre à la route de le franchir. Je connaissais un pont sur un canal, un pont-canal, mais un tunnel routier sous un canal, un canal aérien en quelques sortes, pour moi c’est une première.
L’hôtel où je descends est un peu particulier. D’abord il parait bien trop grand, à tel point que les propriétaires n’entretiennent pas la totalité du jardin. A l’intérieur grands espaces, mais on ne comprend pourquoi ,
Pour le dîner nous sommes trois célibataires pour une partie de la salle comportant 15 tables dont la plupart sont prévues pour 4 convives. D’ailleurs une partie de la salle n’est pas éclairée . Je n’ai jamais dîner aussi vite dans un restaurant. Le four à micro-ondes a dû fonctionner à plein régime.
Une possible explication à cette claire surcapacité. A deux pas une zone commerciale avec un magasin IKEA. Peut être cette zone n’a pas atteint le développement attendu. Demain , je croiserai une raffinerie avec sa zone pétrochimique, là aussi , ce plus ce que cela a été. Plus autant de salariés, plus autant de visiteurs.
Dernière explication, cette entreprise trouve t elle son activité dans des réunions professionnelles ou privées. Mystère.